En préambule, il paraît utile de rappeler à quel point Voivod occupe une place à part dans la sphère metal. Ses riffs dystopiques et dissonants, sa batterie furieusement d-beat et son chant oscillant entre rage mécanique et plainte désespérée ont inspiré une multitude de groupes de tous horizons. Mais le quatuor québécois s’est également distingué par une identité visuelle immédiatement reconnaissable, façonnée par les superbes illustrations de son batteur, Michel « Away » Langevin. Des œuvres qui donnent corps à sa musique, prolongent son univers et parviennent même à fasciner ceux qui ne sont pas particulièrement amateurs du groupe. Autant dire que l’annonce de Voivod : The Nuclear Warrior, un jeu vidéo dont la direction artistique puiserait directement dans l’univers musical et graphique du groupe, avait de quoi susciter notre enthousiasme. D’autant que les quatre musiciens ont activement participé à sa conception. Après une campagne de financement participatif couronnée de succès en avril 2025, sa sortie approche désormais à grands pas. Les créateurs du jeu, Chaosmonger Studio (un clin d’œil au morceau « Chaosmongers » de Voivod), nous ont donné accès à une démo qui sera disponible le 19 octobre prochain dans le cadre du Steam Next Fest. Voici nos impressions après trois heures passées à explorer cet univers en mode « difficulté normale ».
Par Antoine Duprez
Tout d’abord, The Nuclear Warrior est un metroidvania en 2D (un genre reprenant les mécaniques des séries Metroid et Castlevania). Le joueur y incarne un personnage chargé d’explorer un vaste monde, dont de nouvelles zones deviennent progressivement accessibles à mesure qu’il acquiert des aptitudes. Ici, le protagoniste n’est autre que le Nuclear Warrior, un guerrier amnésique qu’une mystérieuse entité pousse à retrouver les fragments de son être, dispersés dans un univers désolé et ravagé par la guerre.
La première grande réussite de cette démo est incontestablement visuelle. Chaosmonger Studio est parvenu à retranscrire magnifiquement les visions dystopiques d’Away en pixel art. On a véritablement l’impression de pénétrer dans les pochettes de Voivod, avec une envie irrépressible d’en explorer les moindres recoins, arme au poing. Le système de combat offre une certaine souplesse, permettant aussi bien de mitrailler les ennemis, grâce à des munitions illimitées, que de les découper au corps à corps. Leurs projectiles peuvent également être détruits en les frappant, tandis qu’une ingénieuse mécanique de chaussures à réaction permet de se rattraper in extremis lorsqu’on manque un saut.
La bande-son, quant à elle, a été soigneusement adaptée par Dan « Chewy » Mongrain à partir de morceaux préexistants de Voivod, dans un habillage rétro évoquant l’ère 16 bits du jeu vidéo (dont l’âge d’or remonte au début des années 90). Elle évolue au rythme de l’action, passant d’ambiances atmosphériques durant l’exploration à des séquences frénétiques lors des affrontements. On retrouve par ailleurs tous les ingrédients classiques du metroidvania, avec une place importante accordée à l’exploration, au gré des capacités acquises progressivement, comme le double saut ou « l’accord profond », qui permet d’en apprendre davantage sur l’histoire du jeu et de découvrir des passages secrets.
Sans surprise, The Nuclear Warrior regorge de références à Voivod, bien au-delà de sa direction artistique et de sa musique. Mais plutôt que de se limiter à une accumulation de clins d’œil, les développeurs ont su les intégrer intelligemment à la narration et au gameplay (l’ensemble des règles, mécaniques et interactions qui définissent la manière de jouer). Les fans du groupe devraient ainsi sourire, voire verser une petite larme, à plus d’une occasion.
Autre bonne idée, cette démo se divise en deux parties complémentaires. La première permet de découvrir le début de l’aventure, jusqu’à l’affrontement contre le premier boss. La seconde, davantage axée sur les combats, donne l’occasion d’expérimenter plusieurs armes et aptitudes qui ne seront normalement accessibles que bien plus tard dans le jeu.
Pour conserver un minimum d’objectivité face à cet univers particulièrement séduisant, signalons tout de même quelques réserves. La traduction française de la démo se révèle parfois maladroite, mais Chaosmonger Studio nous a assuré que ces problèmes seraient corrigés dans la version définitive. On constate également un net pic de difficulté lors des affrontements contre les boss (au demeurant magnifiques), particulièrement le premier, puisque la capacité de soin rapide n’est pas encore disponible à ce stade. Rien d’insurmontable, cependant.
Vous l’aurez compris, cette démo laisse entrevoir une belle réussite. Chaosmonger Studio semble avoir relevé le défi de transposer l’univers de Voivod en jeu vidéo, avec une passion et un souci du détail perceptibles dans chaque pixel. Les retours des joueurs, recueillis à l’occasion de cette première mise à disposition publique, devraient permettre à l’équipe de développement de peaufiner encore l’expérience. De quoi faire de The Nuclear Warrior l’une des sorties vidéoludiques les plus attendues de 2027, particulièrement pour les amateurs de metal.
Sa sortie est prévue pour le premier trimestre 2027 sur PC (Windows, Linux et macOS, via Steam), Nintendo Switch, PlayStation 5 et Xbox Series.
En attendant, on vous invite à ajouter le jeu à votre liste de souhaits Steam, un geste simple qui contribuera à améliorer sa visibilité sur la plateforme.













