[Avant-première] Flesh Produce : premier album, extrait en écoute

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Le duo « chaotic glitchy breakneck-speed noise punk » de Seattle Flesh Produce sortira son premier album, Hyper Chasm, le 5 juin 2026 via Corporat Records. Vous pouvez le précommander ICI.

Actif depuis 2018, Flesh Produce s’est construit en marge des formats traditionnels. À l’origine du projet, Karl Fagerstrom, lassé des structures classiques, commence à bricoler des “beats” sans cadre ni formation préalable, en s’inspirant librement des sons les plus étranges qu’il affectionne. La rencontre avec la chanteuse Myla Profitt donne naissance à un duo DIY particulièrement prolifique, dont l’approche repose sur la transformation radicale de matériaux bruts : jams instrumentales, samples, voix et percussions sont distordus, malmenés et recomposés jusqu’à devenir méconnaissables.

Sur scène, cette esthétique chaotique prend une dimension encore plus saisissante. Régulièrement cité parmi les groupes les plus marquants de Seattle, Flesh Produce laisse derrière lui une impression durable : “après chaque concert, tout le monde ne parle que de leur set”, note KEXP, évoquant un noise rock original mêlant glitch numérique et sludge punk dans une expérience aussi abrasive qu’hypnotique. Même constat du côté de The Stranger, qui décrit une performance capable de “réveiller” un public épuisé grâce à une décharge frénétique entre glitch pop sous tension, hardcore et touches nu metal.

En voici un premier extrait.

« J’ai écrit ce morceau pour un événement de catch clownesque auquel on participait, organisé par Queer Wrestling (wrestle.yr.friends). Ça faisait des années qu’on disait que cet instrumental sonnait comme une musique d’entrée de la WWE. Comme on allait jouer en parallèle des combats, je me suis dit qu’il était temps d’assumer mon rôle de parolière et d’y aller franchement. J’ai opté pour le kitsch, sans chercher à intellectualiser : un message simple — si tu veux me mettre au tapis, mon grand, il va falloir sortir quelque chose de plus costaud. Sans surprise, ça m’a pris une petite heure pour écrire ces paroles d’une profondeur absolument vertigineuse. Ce qui change de mes habitudes, où je peux passer cinq jours d’affilée, six heures par soir après le boulot au café, à peaufiner un texte. Le jour J, quand notre set a commencé, ils ont arrêté les combats. Sans doute pour bien faire. Sauf que c’était exactement l’inverse de ce qu’on voulait. Du coup, on a lancé un combat dans le pit. Je crois que ça s’est bien passé — et, normalement, personne n’a été blessé. » — Myla

« J’ai joué toutes les guitares, les synthés et ces batteries électroniques Roland TD-10 bien kitsch sur ce morceau. J’avais composé l’instrumental avant même de rencontrer Myla — à l’époque, j’étais très influencé par Thomas Fec (alias Tobacco), et, pour être honnête, je le suis toujours. Il y a aussi une grosse influence de Johnny Truant (ce groupe de metalcore britannique un peu oublié, contemporain d’Architects, qui n’a jamais eu la reconnaissance qu’il méritait, à mon sens). C’est à la fois débile, massif et bruyant, et sur scène, les gens réagissent bien. Et puis, au minimum, ça massacre quelques cymbales. » — Karl